Quand ils furent enfermés tous les trois dans cette cabane, Gouësnon mit sur le banc de pierre, qui servait de lit à Jozon, un dîner composé de pain et de figues sèches. Après «le dîner», il alluma sa pipe et se plongea dans ses songes.
La Pâlotte, elle, ne perdait pas des yeux Pinson, qui feignait de dormir.
Quand la jeune femme crut que le petit gars dormait, elle se leva doucement. Elle ouvrit avec précaution la porte de la cabane et se dirigea vers la route.
Fernande ne prêta qu'une attention médiocre à ce départ. Un instant après, la Pâlotte rentra; dans un coin de la cabane, Jozon avait entassé les outils de menuiserie qui lui servaient à radouber sa barque ou à réparer les dommages que le vent faisait à sa maisonnette.
Elle prit un vilbrequin et sortit. Mais elle avait eu le temps de s'emparer de l'outil et de le cacher sous sa robe, avant que Fernande s'en aperçût.
Au reste, la jeune fille dormait presque. Les fatigues physiques et morales de son être l'épuisaient.
La Pâlotte avait quitté la cabane à huit heures; à dix heures, elle revint.
Pinson attendait avec impatience l'heure du rendez-vous qu'elle avait donné à Jérôme, car l'homme embusqué de la nuit précédente n'était autre que notre ancienne connaissance, l'ouvrier Jérôme Hébrard.
Fernande avançait doucement, sous la nuit étoilée, vers la barque qui attendait sous son dôme de feuillage. Elle l'aperçut bientôt. Mais la barque était vide. Jérôme n'y était pas…