LA JALOUSIE DE L'UNE ET L'AMOUR DE L'AUTRE

Fernande regarda attentivement à droite et à gauche. Elle espérait apercevoir Jérôme. Rien ne paraissait.

Alors elle se glissa dans le feuillage, entra dans la barque et attendit.

Quand elle était seule, la pauvre enfant aimait à donner libre essor à ses rêves. Elle aimait à reporter sa pensée sur celui qu'elle avait choisi entre tous, et dont elle se sentait bien à jamais séparée.

Combien de temps dura cette sorte de rêve?

Il lui eût été impossible de le dire.

Elle avait d'abord pensé à cette étrange disparition de Jérôme. Comment et pourquoi l'ouvrier n'était-il pas au rendez-vous donné?

Puis la lassitude reprit le dessus. Elle attendit avec une impatience moins fébrile, et enfin, elle s'endormit de nouveau, épuisée, comme dans la cabane.

* * * * *

Il faisait une radieuse nuit de printemps. De douces effluves remplissaient l'air.