Par instants, la barque inclinée légèrement au gré des vagues invisibles du lac, s'agitait et semblait s'éloigner du rivage.
Une tête de femme, pâle et triste, parut dans l'encadrement des feuilles tombantes. Cette femme s'arrêta un instant, examinant avec soin l'étendue de l'eau.
C'était la Pâlotte.
Quand elle se fut assurée que le petit Pinson dormait, elle se glissa dans la barque et détacha l'amarre qui la retenait à la rive.
L'esquif entraîné commença de s'éloigner doucement, et prit le large.
La Pâlotte n'était pas reconnaissable. Un long et épais manteau la recouvrait entièrement.
Assise à l'arrière on n'eût pu reconnaître son sexe. Était-ce un homme on une femme, cette statue sombre qui se tenait là immobile?
La barque filait toujours, entraînée par le remous caché.
La Pâlotte regardait fixement le petit gars. Un éclair d'orgueil se lisait dans son regard.
De temps à autre, elle reportait les yeux sur la côte, et ne pouvait cacher sa joie en la voyant fuir du regard.