—Bravo!

Un à un arrivèrent les chefs de bataillon et les chefs de compagnie. Ils firent leur rapport. Chacun de leurs hommes avait sur lui soixante cartouches et un jour de vivres.

Jean leur donna l'itinéraire.

Il fallait partir à cinq heures. On irait jusqu'au delà du lac de
Grandlieu, entre Château-Thibaut, et la Maine.

Puis, là, on attendrait ceux de Clisson. Probablement que les gens de Clisson arriveraient à midi. Alors, si on battait les bleus, on pouvait marcher droit sur Nantes, l'objectif général.

Dans ces guerres de buissons, où l'avantage n'est pas toujours au nombre, le tambour et la trompette sont trop bruyants: on ne s'en sert pas. Aussi, les chefs d'escouades donnaient leurs ordres par de légers coups de sifflet.

À cinq heures et quart, Henry et Jean-Nu-Pieds, à cheval, sortaient du bois.

La première étape se fit tranquillement. De temps à autre, le marquis de Kardigân jetait un regard étonné à ses côtés. Aubin Ploguen n'y était pas.

Un peu avant d'arriver à Château-Thibaut, le Breton parut.

—Enfin, te voilà! lui dit son maître.