Les Vendéens répondirent par une acclamation, et le combat recommença…
La première partie de la bataille avait duré de neuf heures à onze. Pour Jean-Nu-Pieds, il fallait tenir bon jusqu'à midi, au besoin une heure du soir, pour donner le temps à ceux de Clisson de les rejoindre.
Mais la chance avait tourné. Les canons faisaient grand mal. Jean fit s'éparpiller tous ses hommes, en leur ordonnant de tirailler. Ils couvraient ainsi un espace considérable. C'était presque annihiler la portée meurtrière de l'artillerie.
La tactique était bonne, et avait réussi maintes fois en Vendée, pendant les grandes guerres contre la République, alors que Henri de La Rochejacquelein disait à ses chouans:
—Egaillez-vous, mes gars!
En ordonnant ce mouvement, le seul qui pût sauver sa petite armée, Jean-Nu-Pieds savait parfaitement que c'était compromettre le succès de la journée, jusque-là obtenu.
Mais, au point où on en était arrivé, il ne s'agissait plus de vaincre; seulement, il fallait tenir, tenir jusqu'à l'arrivée des Vendéens de Clisson.
Dermoncourt fit cesser le canon. Lui aussi avait fait la guerre, jadis, en 1799, et il savait que le canon ne peut rien contre des hommes disséminés à droite et à gauche.
Ce fut la deuxième phase du combat.
Il pouvait être midi.