—Pardonnez-moi! c'est pour votre bien, ce que j'en ai fait.

Fernande ne comprenait pas.

—Mademoiselle, continua le Breton, je suis un pauvre homme sans grande instruction; mais il y a des choses que je comprends, ou que je devine. Vous souffrez tous les deux, malheureux enfants que vous êtes. Il y a une fatalité entre vous: la pire de toutes, hélas! Vous vous aimez, et tout vous sépare. Mais je suis là, moi, et j'ai juré de vous rendre votre bonheur perdu.

Elle croyait rêver.

Certes, il lui faisait battre le cœur en parlant ainsi; mais quoiqu'elle ne pût croire à la réalité de ce qu'il disait, la pauvre Fernande ne pouvait s'empêcher de se sentir au cœur une lueur d'espérance.

—Écoutez, continua Aubin Ploguen, écoutez, mademoiselle…

Il se pencha vers elle et lui parla à voix basse quelques instants.

A mesure qu'il expliquait son idée à la jeune fille, les larmes de
Fernande se tarissaient, et un rayon de joie l'illuminait.

Quand Aubin eut terminé:

—Ah! vous nous sauvez, s'écria-t-elle. J'allais à Dieu, mais j'en serais morte… et lui aussi en serait mort.