Elle n'eut pas la force de lui répondre et se laissa retomber assise.
Le ciel eut pitié d'elle et lui donna des larmes.
—Oui, adieu à ma jeunesse, à mon bonheur, à mon espérance, dit-elle amèrement; adieu à tout ce que j'aime, à tout ce qui m'a aimé… adieu à la vie que j'aurais eue si belle! O ma pauvre maman, que tu aurais été malheureuse de me voir ainsi!
Elle n'entendit pas un bruit de feuillage derrière elle: ou, si elle l'entendit, elle le prit pour la fuite soudaine d'un chevreuil effrayé.
Quelques minutes s'écoulèrent encore, pendant lesquelles Fernande resta ainsi, absorbée dans l'amertume de sa vie perdue.
Tout à coup le feuillage s'écarta et un homme parut.
C'était Aubin Ploguen. Son visage inondé de larmes prouvait qu'il avait tout entendu. Il toucha légèrement Fernande du doigt.
Elle eut un instant d'effroi, mais elle reconnut vite le fidèle serviteur des Kardigân.
—J'ai entendu ce qui s'est passé entre vous, mademoiselle, dit-il.
—Aubin…