Ils retournèrent à Kardigân à petites journées. On eût dit que le marquis, ayant terminé ce qu'il avait à accomplir sur la terre, n'avait plus qu'à mourir.

Des symptômes d'affaiblissement commencèrent à s'emparer de lui.

De Valognes à Pont-l'Abbé, il resta encore bien droit et ferme sur sa selle.

Mais plusieurs fois, entre Pont-l'Abbé et Avranches, il trahit son malaise par de sourdes plaintes qui sortaient malgré lui de ses lèvres.

En approchant de Rennes, le marquis dut quitter le cheval pour la voiture.

Jean suivait d'un regard navré ces progrès d'un affaiblissement qui présageait une proche fin. La pâleur devenait de la lividité.

Nous avons comparé une fois M. de Kardigân à un chêne robuste auquel le bûcheron vient de donner son premier coup de cognée.

Le chêne ayant perdu sa sève, à mesure que ses branches étaient tombées une à une, courbait son front et mourait.

En arrivant à Kardigân, le marquis se coucha.

En passant à Rennes, Jean avait demandé à un célèbre praticien de la ville de lui indiquer un de ses confrères de Savenay ou de Guérande, dans lequel il pût avoir confiance. Le praticien lui nomma le docteur Hérault, que connaissaient bien les pauvres et les souffrants de la côte bretonne.