—Montez!

Et venait ensuite se mettre auprès d'elle dans le fond de la voiture.

Puis ils partirent rapidement.

* * * * *

La Pâlotte n'avait même pas songé à demander où on la conduisait. Peu lui importait, au reste. Elle n'avait qu'un but, se venger de Fernande.

Que lui avait donc fait la chaste jeune fille, sinon d'être aimée? Mais la haine ne raisonne pas. Elle se disait que, dans la barque trouée, sur le lac de Grandlieu, elle avait tenu entre ses mains la vie de sa rivale. Elle aurait pu la noyer, s'en débarrasser à jamais: elle n'avait pas voulu.

Elle avait cédé à un stupide sentiment de pitié. Comme elle s'en voulait! Le cabriolet courait rapidement. Où la menait-on? Il traversa les sentiers qui avoisinent Clisson et prit la grande route royale de Nantes. À une heure de l'après-midi, les voyageurs entrèrent dans la capitale de la Loire-Inférieure.

Les ponts de Cé étaient couverts de promeneurs, ou, pour mieux dire, de badauds.

Les uns regardaient en l'air, les autres regardaient en bas. Évidemment, il avait dû se passer quelque événement extraordinaire.

Seulement, comme tous les badauds du monde, ceux-ci n'étaient pas d'accord sur la nature de cet événement.