Jean-Nu-Pieds et Jacqueline sortirent. Ils marchaient à côté l'un de l'autre. La jeune femme gardait la tête baissée et semblait émue. Jean sentait croître son inquiétude. Il avait ce même pressentiment de malheur qui avait atteint Fernande, quand elle était sur le point de lire la lettre de son père.

Ils parvinrent ainsi à une espèce de clairière formée, au milieu du petit bois, par plusieurs routes qui s'y entrecroisaient, s'y réunissaient et en partaient pour rejoindre les grandes routes de Nantes et de Clisson.

—Que voulez-vous me dire, Jacqueline?

Elle le regarda fixement; puis, se croisant les bras et avec une sorte de joie sauvage:

—Fernande est perdue pour vous! prononça-t-elle d'une voix vibrante.

Jean-Nu-Pieds eut un éblouissement.

—Perdue… pour… moi!…

—L'homme qui est venu lui apporter une lettre était un messager de son père; la lettre, était une lettre de son père.

—Oh! mon Dieu!

—Vous savez maintenant ce que vous vouliez savoir. Adieu.