—Allons, venez maintenant, mon enfant, dit Madame, tout haut, quand Jean-Nu-Pieds eut disparu, et achevez-moi votre récit. Votre père ne pouvant plus vous donner à un autre, votre fiancé et vous vous aimant, de qui pouvait venir le refus à votre mariage?
Fernande répondit en relevant le front, non sans fierté:
—De lui d'abord, de moi ensuite.
—De lui et de vous? Je ne comprends plus, alors…
—Ah! Madame, il y a une fatalité entre nous, la fatalité du crime! Il y avait dans le passé de mon père… un acte que moi, sa fille, je n'ai pas le droit de juger, mais que, chrétienne, je condamne.
Fernande tira de sa poche un papier; c'était la copie du testament de M. de Kardigân que Jean lui avait envoyée naguères.
—Lisez, Madame, dit-elle.
La princesse, étonnée, ne comprenait pas.
Alors, la jeune fille déplia le papier et lut elle-même:
«Vous ne devez jamais vous laisser aller aux concessions du siècle. Il est des hommes que vous devez haïr. Mon fils, qu'il n'y ait jamais rien de commun entre vous et ceux qui ont renversé le Roi.