LES CONSÉQUENCES DU PLAN D'AUBIN PLOGUEN

L'affabilité et la bonté de Madame sont restées légendaires. Les rares Mémoires publiés en 1830 rapportent que le secrétaire de ses commandements recevait chaque matin plus de deux cents demandes d'audience, dont bien peu demeuraient sans réponse.

Cependant, elle recula de deux pas en entendant l'aveu de la jeune fille.

Peut-être se rappelait-elle le mot de Charles X, qu'il n'est pas inopportun de consigner ici, mot que prononça le vieux roi, comme pour se consoler d'une des fautes que lui fit commettre le loyal, mais parlementaire M. de Martignac.

Ce ministre présentait à la signature de Sa Majesté une ordonnance qui nommait le fils d'un régicide à une préfecture importante.

Charles X regarda le nom, puis, se tournant vers M. de Martignac:

—Est-ce que son père?… demanda-t-il…

Le ministre s'inclina.

—Oui, Sire, répondit-il.

Et comme le pauvre souverain constitutionnel hésitait à signer l'ordonnance, M. de Martignac entreprit de prouver que cette nomination serait un acte de bonne politique qui ferait voter avec le centre deux ou trois influents députés de la gauche.