C'est Deutz.

M. Maurice Duval avait hâte d'en finir avec l'héroïque princesse qui épouvantait tant le sommeil du roi Louis-Philippe. Il n'eut pas les mêmes pudeurs que l'illustre homme d'État qui avait la charge de traiter avec le traître.

—Vous nous avez promis plus que vous n'avez pu tenir, lui dit-il.

—C'est vrai.

—Le gouvernement veut absolument que cette dangereuse affaire de la chouannerie bretonne ait un terme. Quand pourrez-vous livrer la princesse?

Deutz était resté le front courbé, non qu'il eût honte. La honte est un sentiment qu'ignorent les natures infâmes comme la sienne.

—Nous sommes aujourd'hui au 6 octobre, reprit-il lentement. Avant le 6 décembre, Madame la duchesse de Berry sera votre prisonnière.

Le préfet de la Loire-Inférieure était encore exaspéré de l'accueil qui lui avait été fait. Il ouvrit la fenêtre de son cabinet, et montrant la ville:

—Je veux terminer tout cela, dit-il d'une voix brève. Cette ville révoltée mérite un châtiment. Comment pourrez-vous pénétrer auprès de la princesse?

—C'est mon secret.