—Voilà, dit-il.

—Eh bien! avec cela, monsieur le préfet, nos affaires marcheront plus vite. J'avais peur de ne pas… comment dirais-je?… de ne pas m'entendre avec vous. Il n'en sera rien. Demain, la personne en question sera arrêtée.

—Pourquoi demain seulement?

—Ne me faites pas de questions, je ne pourrais pas vous répondre.

Deutz se leva en parlant ainsi.

—A demain! dit-il.

Cette scène que nous venons de résumer en quelques lignes avait duré dix minutes.

A son allure rapide, nos lecteurs ont dû deviner qu'elle cachait un mystère. Et, en effet, le drame que nous avons entrepris de raconter se préparait.

Deutz avait promis de vendre Madame au gouvernement de Louis-Philippe. Quand il avait fait ce marché, rien ne s'opposait à ce qu'il pût le mettre à exécution. N'était-il pas le filleul de la princesse? et ne savons-nous pas qu'on croyait pouvoir se fier à lui?

Par bonheur,—hélas! bonheur qui ne devait pas durer!—des craintes, sinon des soupçons, étaient venues aux principaux chefs vendéens. Des hommes comme Charette et Coislin ne pouvaient pas se laisser duper comme des enfants. Il en résultait que lorsque le juif était arrivé à Nantes pour la première fois (après l'achat de cette maison qu'il comptait payer sur une rentrée d'argent), il n'avait pu obtenir d'être reçu par Madame.