Fernande serrait déjà la main du Breton.

—C'est lui qui m'a inspirée, ami, dit-elle tout bas…

—Aubin! ah! que Dieu te récompense. J'allais mourir… Tu nous as sauvés de la mort… car elle aussi en serait morte!

Aubin pâlit de joie.

Puis il ajouta avec sa philosophie habituelle:

—Je ne vous cacherai pas, monsieur le marquis, que c'est mon opinion!…

Le fidèle serviteur disparut. Ils restaient seuls, la main dans la main, le cœur rempli de cette ineffable joie que donne le bonheur trouvé dans l'accomplissement du devoir accompli.

—Fernande, ma chère femme, dit Jean, sortant enfin le premier de son silence; Fernande, dans un mois nous serons unis l'un à l'autre; que de projets nous pourrons réaliser! Nous ne nous quitterons pas. Ma volonté est de rester jusqu'au bout attaché à mon devoir. J'ai aimé trois choses humaines par-dessus tout: ma patrie, mon roi et vous. Je me dois à ceux-ci… La lutte peut être longue: que ne souffrirais-je pas, si nous étions séparés?

—Jean, j'avais pensé ce que vous me dites. Non, il ne faut pas nous séparer.

—Jamais!