6° De plus mal en plus mal.

Or, le caractère d'Aubin variait avec les lettres qui étaient reçues. Quand arriva la première, Aubin se frotta joyeusement les mains; à la seconde, il fut triste, et ainsi de suite. Quand la nouvelle était bonne, Aubin était ennuyé; par contre lorsque la nouvelle était mauvaise, Aubin était enchanté.

Si Henry ou Jean avaient su quelles étaient ces correspondances entretenues avec tant de soin par le Breton, ils n'auraient pas manqué d'être fort intrigués. Il est vrai que Ploguen ne leur aurait jamais avoué la vérité. C'était un secret. Mais quel secret?

Cependant, rien ne faisait prévoir que l'autorité nantaise dût, un jour ou l'autre, découvrir la retraite de Madame. On avait même renoncé à laisser pénétrer chez elle ses plus intimes amis. Seul, M. de Charette faisait exception à la loi commune. Quant à Jean et à Henry, ils se rendaient chez Madame, en passant par le corridor souterrain.

—Cet homme, qui se disait envoyé par le comité de Paris, est-il revenu encore? demanda un soir le marquis à Henry.

—Non. C'est du nommé Deutz que tu parles, n'est-ce pas?

—Oui.

—Je crois que nous avons bien fait de refuser l'audience sollicitée par lui.

—Le filleul de Madame, pourtant!

—Peu importe! dans la situation où nous sommes, avec la responsabilité qui pèse sur nous…