L'ATTENTE
Deutz rentra chez lui, s'endormit et fit de beaux rêves. Il est impossible que la nature ait créé de même tous les êtres humains. Cet homme ne semblait pas avoir la conscience qu'il s'apprêtait à vouer son nom à une exécration séculaire. Il dormait parce qu'il était fatigué d'avoir cherché à trahir, et il faisait de beaux rêves, parce que sa trahison lui paraissait immanquable!
Le lendemain, de très-bonne heure, il se rendit à la préfecture. Le télégraphe avait apporté déjà la nouvelle de l'acquittement de Berryer. C'était le 1er novembre.
—Eh bien? lui demanda M. Maurice Duval, dès qu'il l'aperçut.
—Je l'ai vue hier.
—Où demeure-t-elle?
—C'est ce que je vous dirai demain soir.
—Vous ne le savez donc pas maintenant?
—Je pourrais me tromper. Elle ne m'a reçu qu'assez avant dans la soirée, et de plus, cette réception a été entourée de précautions si nombreuses que je craindrais de commettre une erreur.
—Que vous a-t-Elle dit?