Quitter la maison? C'était impossible. S'enfuir? C'était encore plus impossible.
—Allons, dit Madame en souriant, car elle avait gardé tout son sang-froid: il ne nous reste plus qu'une ressource, la cachette!
X
PRISONNIÈRE!
Quelle était cette cachette?
Prévoyant qu'un jour ou l'autre, Madame pourrait bien être obligée de se réfugier à Nantes et de s'y cacher, on avait préparé une cachette dans la mansarde du troisième étage. C'était un recoin formé par la cheminée établie dans un angle.
On y pénétrait par la plaque qui s'ouvrait au moyen d'un ressort. La pensée de la cachette était donc venue aussitôt. Il ne fallait pas que la princesse négligeât cette seule chance qu'elle avait de se sauver. Aussitôt, elle se jeta sur l'escalier, suivie de M. de Ménars et de mademoiselle Stylite de Kersabiec. Sa sœur, mademoiselle Eulalie de Kersabiec, madame de Charette et les demoiselles Deguigny, ne courant pas de danger mortel, devaient se laisser arrêter.
Ici, nous copions, purement et simplement, le rapport du général Dermoncourt. C'est de l'histoire et, d'ailleurs, Madame a approuvé elle-même la vérité des faits qui y sont allégués.
* * * * *
Parvenus à la mansarde, la plaque de la cheminée ouverte, une discussion s'établit pour savoir qui passerait le premier; ce n'était point ici une vaine querelle de préséance et d'étiquette, le passage n'était point facile, les soldats pouvaient être arrivés à la mansarde, avant que la dernière personne fût entrée; alors la cachette se refermait, et la dernière personne restait prisonnière.