La duchesse se leva alors vivement, alla à M. d'Erlon, et lui dit:

—Monsieur le comte, je me suis confiée au général Dermoncourt, je vous prierai de me l'accorder pour rester près de moi; je lui ai demandé de n'être point séparée de mes malheureux compagnons, et il me l'a promis en votre nom: ferez-vous honneur à sa parole?

—Le général n'a rien promis que je ne sois prêt à ratifier, Madame; et vous ne me demanderez aucune des choses qui sont en mon pouvoir, que vous ne me trouviez prêt à vous les accorder avec tout l'empressement possible.

Ces mots rassurèrent Madame, qui, voyant que le comte d'Erlon attirait dans un coin le général Dermoncourt, alla causer avec M. de Ménars et mademoiselle de Kersabiec.

En ce moment, M. Maurice Duval rentra et demanda à la Duchesse ses papiers. Madame dit de chercher dans la cachette et qu'on y trouverait un portefeuille blanc qui y était resté. Le préfet alla prendre ce portefeuille et le rapporta à Madame.

—Monsieur, ajouta-t-elle avec dignité, les choses renfermées dans ce portefeuille sont de peu d'importance, mais je tiens à vous les donner moi-même, afin que je vous désigne leur destination.

A ces mots, elle l'ouvrit.

—Voilà, dit-elle, ma correspondance; vous la donnerez à la police.

—Ceci, ajouta-t-elle, en tirant une petite image peinte, est un saint Clément auquel j'ai une dévotion toute particulière; il est plus que jamais de circonstance.

Dermoncourt s'approcha alors de Madame, et lui dit que si elle se trouvait mieux, il serait temps de quitter la maison.