Les chevaux galopaient. Le château de la Pénissière est situé à une heure et demi de Clisson, environ.
Ils approchaient du but de leur expédition, et déjà ils s'apercevaient de ce que l'ordre de la princesse avait de prudent. On distinguait nettement çà et là les traces encore fraîches du passage des troupes de ligne.
—Tu as raison, dit Henry, en les examinant, je vois que nous aurons à en découdre aujourd'hui. En avant!
—En avant! répéta Aubin Ploguen.
Les trois cavaliers prirent le grand galop et disparurent derrière un épais rideau de poussière.
Le soleil s'était levé sur cette journée qui allait ajouter aux annales de l'histoire de France quelque chose d'aussi beau que le combat des Trente ou que la bataille de Fontenoy.
IV
LA RECONNAISSANCE
L'histoire a retenu les noms de quelques-uns des royalistes qui étaient ce jour-là au château d'Homère. Il y avait M. le marquis de Grandlieu, M. de Girardin, Henry de Puiseux et le marquis de Kardigân. Ils étaient quarante-cinq, appartenant presque tous aux premières familles de la province; leurs chefs étaient deux anciens officiers de la garde royale. Enfin deux paysans, ex-trompettes d'un régiment de ligne, complétaient la garnison.
Quand nos trois héros arrivèrent, ils furent accueillis par des acclamations générales. Henry et Jean étaient fort aimés, Henry pour sa gaieté et son entrain, Jean pour son indomptable courage.