—Vous vouliez mourir?
—Oui, je veux mourir.
—Pourquoi?
Elle éclata de rire.
—Cela ne vous regarde pas! Si je meurs, personne ne me regrettera, personne ne me pleurera! La vie me pèse… me dégoûte! Je n'ai trouvé ni appui, ni consolation, ni rien en ce monde. Ma mère… oh! ma mère… Mais je ne vous en parle pas… bien qu'elle aura un jour un terrible compte à rendre à Dieu, car c'est elle qui m'a perdue! Je veux mourir… Laissez-moi!
—Non!
Elle se débattit un moment. Puis, dans un paroxysme de désespoir, elle tenta d'entraîner le juif avec elle. Mais il se cramponnait de la main gauche au rebord du bateau, pendant que de la droite il l'étreignait à l'épaule.
De guerre lasse elle céda.
—Eh bien, quand vous m'aurez empêchée de mourir aujourd'hui… que m'importe? Je me tuerai demain. Votre intervention n'aura servi qu'à me faire davantage souffrir. Je m'étais décidée à me tuer. Il faudra que je me décide encore… J'aurai deux agonies au lieu d'une!
—Pourquoi vouliez-vous mourir?