Toujours la soutenant, Deutz héla un fiacre qui attendait à une station de voitures. Mais elle lui dit:

—Non. Donnez-moi votre bras; j'aime mieux marcher.

—Où demeurez-vous?

—Je vais vous conduire.

Ils suivirent silencieusement la longue rue Mazarine. Pas une parole ne fut échangée.

Qu'auraient-ils eu à se dire? Elle attendait.

On lui avait promis de la retirer du gouffre où elle se débattait. Lui, ne pensait vraiment pas que la malheureuse femme eût la moindre anxiété de savoir quel sort on allait lui offrir. Il ne songeait qu'à réussir dans ce qu'il projetait. Au reste, ils avaient l'air d'apparitions sinistres, elle avec sa démarche hésitante, ses cheveux épars, lui avec son visage livide, marbré çà et là de rouge, comme si les insultes morales qu'il avait reçues avaient été autant de soufflets.

Ils arrivèrent au carrefour Bucy, de même que Deutz une heure auparavant.

Elle marcha plus vite et monta la rue de l'Odéon.

Parvenus à la grande place qui entoure le théâtre, ils la traversèrent.