Pour bien narguer la pluie et le mauvais temps, ceux qui passent dans les voitures se sont mis à chanter. Tous les refrains se croisent, s'entrechoquent. Qui n'a assisté à une scène pareille, un dimanche, quand les tapissières ramènent les petits bourgeois des courses?

On entend la complainte du Juif errant ou une chanson de Béranger. Mais ce n'est pas compréhensible. Chacun chantant sa chanson préférée, cela forme une cacophonie épouvantable qui est cependant pleine de gaieté gauloise et bon enfant.

* * * * *

Son évanouissement durait depuis une demi-heure, quand il reprit ses sens. Il ouvrit les yeux, et en même temps ses oreilles purent percevoir les bruits extérieurs. C'est alors qu'il entendit ces bruits de chanson qui venaient à lui.

—Ah!…je serai secouru… pensa-t-il… Il se dressa faiblement, et regarda. Les premières voitures avaient disparu, mais il en venait d'autres. Cinq ou six chars-à-bancs, précédés de quelques citadines.

—Des voitures… on pourra… me transporter… quelque part.

—Au secours! cria-t-il…

Le vent venait en sens contraire, emportant le son de sa voix, étouffant son appel désespéré.

Il répéta:

—Au secours!