Pendant ce temps-là, quatre hommes, précédés d'un maçon[1], tournèrent le parc, et arrivèrent sur le côté du château dont la défense était plus difficile.
Si Jean-Nu-Pieds avait vu ce que portaient ces quatre hommes et le maçon, il aurait deviné le but de cette mystérieuse expédition.
Le maçon tenait à la main un sac de toile rempli d'outils; trois des soldats avaient sur l'épaule une botte de foin enduite de résine huileuse; le quatrième traînait une échelle.
Arrivé au bas des fondations du château, le soldat qui traînait l'échelle l'appliqua contre la muraille, et pendant qu'il la tenait assujettie par le dernier échelon le maçon et les trois soldats montèrent.
Ce côté de la maison était formé par une tourelle élevée; un pignon avancé empêchait les assiégés de voir ce qui pouvait s'y faire.
Parvenus sur le toit, et à dix mètres environ des tireurs que Jean-Nu-Pieds y avait placés, ils se couchèrent à plat ventre sur les ardoises, et le maçon avec ses outils, commença à démanteler la toiture.
On ne pouvait entendre le bruit du marteau ou de la pince. La fusillade continuait, nourrie, les clairons ne s'arrêtaient pas et le tumulte du combat couvrait tout.
Il fallut une demi-heure au maçon et aux soldats pour démanteler la toiture. Quand ils eurent fait un trou d'environ deux mètres de long sur trois de large, ils mirent le feu aux bottes de foin et les jetèrent dans le grenier.
Puis, ils redescendirent rapidement. À peine étaient-ils parvenus au bas de l'échelle qu'une énorme colonne de fumée s'échappa du château en tourbillonnant. Les bottes de foin enduites d'huile de résine, brûlaient avec une intensité irrésistible, communiquant la flamme aux poutres et aux murailles.
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