Jean-Nu-Pieds pleura.

Ils étaient vaincus après avoir été vainqueurs.

Il se tourna vers les siens et pour la troisième fois leur dit:

—Pour la France! pour le Roi!

Les clairons continuaient à sonner, mais leurs notes étaient plus pressées, et comme affolées…

C'était la fin.

Le troisième renfort qui arrivait au secours des bleus était un corps de cinq cents hommes, commandé par le chef de bataillon Georges, rude et indomptable soldat, que le général Dermoncourt appelait l'exemple des officiers français. Georges jeta les yeux autour de lui. Il comprit la résistance héroïque des royalistes, et une larme brilla dans ses yeux. Il pensait à ceux de ces braves gens qui étaient morts.

Les blancs avaient tenu à quarante-cinq contre trois cents hommes. Maintenant qu'ils n'étaient plus que quarante, il leur faudrait tenir contre sept cents!

Le commandant Georges devina que toute attaque nouvelle des soldats n'aurait pas plus de résultat que les précédentes. Ces deux clairons qui sonnaient toujours, sans s'arrêter un seul instant, étaient pour lui l'image de la défense désespérée qui lui serait opposée.

Il ordonna aux siens de se reculer un peu, puis il les groupa en dehors des murs d'enceinte en leur ordonnant de continuer leur tir.