Chaque fois qu'ils se jettent en avant, ils reculent frappés par leurs ennemis, semblables à des lions d'enfer.

Faudra-t-il donc du canon pour réduire cette poignée d'hommes?

Le commandant Georges, qui par un miracle n'est pas blessé, ordonne qu'on apporte des poutres. Placés derrière un pan de mur qui les protège, trente soldats frappent à coups redoublés sur le devant du sous-sol…

Le clairon sonne!

… Cela dure encore pendant dix minutes; mais la fin de l'épopée approche. Un vent violent arrive qui active les progrès de l'incendie. Les flammes montent, rouges, sanglantes. Le devant du sous-sol s'abat sous les coups de poutre, et une apparition terrible se montre aux yeux des bleus. Huit hommes debout, fusil à l'épaule, noirs de poudre, ensanglantés, et au milieu d'eux un clairon qui sonne!

Une décharge vient les foudroyer, deux d'entre eux tombent atteints en pleine poitrine. Puis la flamme monte, monte, et le plancher du sous-sol craque et s'abîme dans les fondations brûlantes du château… C'est la mort, le silence, le néant… Les sublimes Vendéens doivent être tués, car le clairon ne sonne plus!

* * * * *

Tout était fini. Le commandant Georges fit relever les corps de tous ceux qui étaient tués parmi les siens, puis il ordonna qu'on retirât de la fournaise les cadavres des chouans tués dans la dernière décharge. Dans l'écroulement, ceux-ci étaient restés accrochés aux pignons de fer de la muraille.

Le château flambait. Le commandant Georges monta à cheval et fit ranger les hommes en deux lignes, pendant qu'au milieu d'eux on portait sur des brancards improvisés les corps de MM. de Grandlieu et de Girardin. Car c'était eux qui étaient tombés.

—Portez armes!… dit-il.