Il leur faut en chercher une autre.
Où aller? tout le château brûle! Ils reculent, ils se jettent dans une sorte de sous-sol où l'incendie n'a pas encore pénétré.
Le clairon sonne!
Ils tirent dix, vingt, trente coups de fusil. La fureur des soldats est devenue de la rage. Ils croyaient que l'incendie allait dompter ces hommes indomptables, et voilà que la mort s'émousse contre eux!
Ce sous-sol est l'endroit où les munitions sont serrées. On voit dans un coin deux barils de poudre et six barils de balles.
—Bien! dit Jean-Nu-Pieds d'un air sombre, ils ne nous prendront pas vivants.
Cependant Aubin Ploguen a défoncé un des tonneaux de poudre, et l'a vidé à moitié. Puis, dans ce qui reste, il verse une cinquantaine de balles. Ensuite il referme le tonneau, et le fait rouler dans la cour. Aussitôt il tire un coup de fusil sur ce baril qui éclate, et quinze soldats tombent fauchés par cette machine infernale.
Mais ceux-ci ne connaissaient plus ni la peur ni la panique. Tout ce que peut enfanter d'irrésistible la rage humaine est en eux.
Ils bondissent en avant, exaspérés encore par la mort de leurs camarades.
Le clairon sonne!