MONTJOIE.

Peu importe; eh bien, l'un de mes amis de Marseille, M. Merlin, m'a écrit ce matin qu'il allait marier sa fille avec un jeune homme dont vous me permettrez de taire le nom. Il croit que son futur gendre est de bonne maison. Or, je connais des détails très tristes ignorés de tous. Le père de ce jeune homme a subi une peine infamante...

ÉDITH.

Oh! mon Dieu!

MONTJOIE.

Et j'avoue que, depuis ce matin, j'hésite sans oser prendre un parti. Les fiancés s'adorent. Révéler la vérité au père, c'est rompre leur mariage.

ÉDITH.

Pauvres jeunes gens!

MONTJOIE.

La taire, c'est peut-être indélicat. Oh! ma conscience est très tatillonne. Dois-je parler, dois-je garder le silence? Que feriez-vous à ma place, capitaine?