Faustine riait aux éclats. Ce mari, infidèle par amour, et cette femme amoureuse, glaciale par coquetterie, l'amusaient comme deux personnages de comédie. Décidément, rien ne menaçait le bonheur de son amie. Un simple malentendu séparait les jeunes époux. Elle riait toujours, et ses rires intimidaient de plus en plus M. Percier; il s'imaginait qu'elle se moquait de lui.
—Je ne me moque pas de vous du tout, cher monsieur. Mais avouez que la situation est très comique.
—Je ne trouve pas, murmura-t-il.
Elle le vit si malheureux qu'elle s'empressa de le rassurer. Elle lui promit que son bonheur conjugal renaîtrait bientôt. Elle ferait de la morale à Nelly; et elle se chargeait de changer en une docilité de brebis la capricieuse humeur de la jeune femme. Elle ne lui demandait que huit jours. Et, avant huit jours, Nelly, repentante et corrigée, ôterait de sa porte le verrou fâcheux, cause première de tous ces désastres.
M. Percier, très consolé, s'éloignait à peine, lorsque M. de Guessaint se présenta chez sa femme.
—Je ne vous dérange pas, ma chère amie? dit-il avec sa politesse accoutumée.
—Vous avez besoin de me parler?
—Oui. Je voulais vous annoncer une nouvelle qui vient de me surprendre. J'ai reçu tout à l'heure une lettre du ministère de la marine. Nous partons pour Oran beaucoup plus tôt que je ne croyais, dans quatre ou cinq jours.
—Je vous souhaite un heureux voyage, mon cher Henry.
—Merci. On attelle; vous ne voulez pas faire un tour au Bois?