—Tu ne veux pas jouer à quatre mains? demanda-t-elle à Nelly.
—Ma foi, non. Je suis dans une veine de paresse, ce soir.
—Eh bien, je vais faire de la musique pour toi toute seule.
—C'est cela; un peu de Beethoven, je te prie. Ou plutôt, prends la partition de Lohengrin, et joue-moi le prélude du Chevalier du Cygne.
Elles se perdaient toutes les deux dans cette exquise mélodie, quand elles furent rappelées à la réalité par le bruit d'une voiture qui roulait dans les allées du parc.
—Une visite, à cette heure-ci? s'écria Mlle de Bressier.
—C'est peut-être Mlle Vaudois que ses vacances ennuyaient!
On entendit la voiture s'arrêter devant le perron du château. Quelques minutes s'écoulèrent. Faustine restait immobile, assise devant le piano, comme si elle écoutait sa pensée lui parler tout bas. Un valet de chambre parut, soulevant la draperie lourde.
—M. de Guessaint demande si Mademoiselle peut le recevoir. Il attend dans le petit salon.
—Faites-le entrer ici, répliqua Mlle de Bressier.