D'un heureux coup d'essai le parterre charmé

N'a pu lui refuser toute sa bienveillance.

Pour ses succès futurs cesse donc de trembler;

Que nulle crainte ne t'agite,

Si ce n'est d'avoir dans la suite

Un généreux rival pour t'égaler.

Il y a toujours eu en France une façon certaine d'obtenir un succès de vogue, c'est en causant, par un livre bien ou mal écrit, par une pièce bien ou mal faite, le scandale. Boissy le savait, et il obtint, en effet, un grand succès sur la scène italienne au moyen de sa comédie, du Triomphe de l'intérêt, représentée en 1730, mais dont le lieutenant de police crut devoir faire supprimer une scène par trop forte. Cette pièce roulait sur les aventures scandaleuses d'un juif fort riche avec une actrice de l'Opéra, sur celles d'un jeune homme avec une ex-belle assez vieille qui s'était fait épouser par lui. Ces faits, mis en lumière avec toute l'âcreté de la satire, firent un tel effet que tout Paris courut aux représentations.

La Comédie des Étrennes ou la Bagatelle (1733) n'eut pas moins de vogue. C'était une critique fort spirituelle des nouveautés dramatiques de l'époque. Boissy y glissa le couplet suivant, faisant allusion à la fuite de mademoiselle Petit-Pas qui venait de se sauver en Angleterre:

Que des coulisses une tendre princesse

D'un riche amant écoute la tendresse,