Criait: Messieurs, je suis le juge intègre

Qui toujours parle, argue et contredit.

Je viens siffler tout ce qu'on applaudit.

Lors, la Critique apparut, et lui dit:

Ami Boindin, vous êtes un grand maître;

Mais n'entrerez en cet aimable lieu.

Vous y venez pour fronder notre Dieu,

Contentez-vous de ne pas le connaître.

Les pièces de Boindin sont: les Trois Gascons (1701), jolie comédie en un acte; le Bal d'Auteuil, caractérisé par une mesure qui, depuis, a pris une grande extension, l'établissement de la censure théâtrale. Il paraît que le souverain qu'on avait si longtemps appelé le Grand Roi et qu'on n'appelait plus que le Vieux Roi, ayant assisté à l'une des représentations de cette comédie en trois actes donnée en 1702, la trouva trop libre et prescrivit au marquis de Gesvre, chargé des spectacles, de réprimander les comédiens. Défense fut faite en outre de jouer plus longtemps cette pièce, et ordre fut donné d'avoir à soumettre, à l'avenir, les œuvres dramatiques à un censeur nommé ad hoc.

Le Bal d'Auteuil était en effet une comédie un peu graveleuse. Elle roulait en partie sur des incidents et des aventures de bal, mais il y avait des scènes de quiproquo piquantes, des paroles à double entente, un laisser aller de paroles et d'actions peu convenables pour la scène française. Du reste, on trouvait dans cette pièce beaucoup d'intérêt, d'esprit et de vivacité.