[45] Nous retrouverons plus tard la même méprise dans la conception du moi dont M. Bergson fera la somme ou la file des phénomènes psychiques, alors qu'il en est la cause et le principe;—et dans la notion de continu, dont M. Le Roy fera «une poussière incohérente et infiniment ténue, ne présentant ni liens intérieurs ni lacunes». (Revue de Méta. et de M., 1899, p. 547.) Une telle notion serait celle du discontinu absolu ou du contigu et non du continu. Le continu est une unité dont les fractions sont seulement en puissance.
[46] ARISTOTE, Polit., l. I, c. 11.
[47] ARISTOTE, Méta., l. IV, c. xxvi, § 1.
[48] Profecto impossibile ex individuis esse aliquid continuum, ut lineam ex punctis, siquidem linea est res continua, punctum autem individua. ARISTOTE, Phys., l. VI, c. 1.
[49] Au sens psychologique, on peut aussi introduire l'idée d'un maintenant (nunc) dans la notion de temps, comme l'idée d'un ici présent (hic) dans la notion d'espace. Le nunc du temps définit l'avant et l'après par rapport à la sensation présente. Le hic de l'espace définit la gauche et la droite, l'avant et l'arrière, le dessus et le dessous, par rapport à un ici. On dit alors que l'espace ou le temps sont centrés. Mais ce sont là des données accessoires dont les sciences et la philosophie font abstraction.
[50] Voir notre réfutation de Zénon: Théorie fondamentale de l'acte et de la puissance, p. 62 et suiv.
[51] BERGSON, Essai sur les données, p. 64.
[52] BERGSON, Essai sur les données, p. 60, 64, 172. «L'idée même du nombre deux, ou plus généralement d'un nombre quelconque, renferme celle d'une juxtaposition dans l'espace ... comme si la représentation du nombre deux, même abstrait, n'était pas déjà celle de deux positions différentes dans l'espace.» (Ibid., p. 67.)—«L'impénétrabilité fait donc son apparition en même temps que le nombre.» (Ibid., p. 68.)
[53] BERGSON, Ibid., p. 62.
[54] BERGSON, Essai sur les données, p. 64.