—Merci!

—Absolument ratée! C'est une non-valeur, un resté pour compte. Je laisse donc de côté cette génération intermédiaire, et je m'arrange pour durer jusqu'au moment de passer la main à mes petits-enfants. Voilà mon plan! Je vais donc te marier...

—Peut-on savoir avec qui?

—Ça ne te regarde pas. Je ne sais pas encore moi-même. Il me faut une vraie cervelle scientifique, assez mûre, autant que possible, pour avoir la tête débarrassée de toute idée futile!...»

Georges se disposait à répondre lorsque se produisit la première secousse électrique due à l'accident du réservoir 17. Georges tomba dans son fauteuil et leva vivement les jambes pour éviter le contact du plancher qui transmettait de nouvelles secousses. Son père n'avait pas bronché.

«Écervelé! lui cria-t-il, tu n'as pas tes semelles isolatrices et tu évolues comme cela dans une maison où l'électricité court partout dans un réseau de fils entre-croisés et circule comme le sang dans les veines d'un homme!... Mets-les donc et fais attention. C'est une fuite qui vient de se produire quelque part, et l'on ne sait pas jusqu'où peuvent aller les accidents... Allons, je n'ai pas le temps, je te laisse; d'ailleurs, voilà nos communications embrouillées...»

En effet, l'image très nette dans la plaque du Télé s'affaiblissait soudain, ses contours se perdaient dans le vague, et bientôt ce ne fut plus qu'une série de taches tremblotantes et confuses.

GEORGES LORRIS, LIEUTENANT DANS L'ARTILLERIE CHIMIQUE.