L'ACCIDENT AU RÉSERVOIR DES MIASMES.

—Une fuite!... Où cela? demanda M. des Marettes.

—Au réservoir de droite, celui des miasmes pour le corps médical offensif... mon autre grande affaire.

—Sapristi de sapristi! gémit M. des Marettes renversant les chaises pour gagner la porte, vite, mon aérocab... Je suis attendu chez moi... Je ne me sens pas bien!...»

Sulfatin et Philox Lorris s'étaient précipités et tous deux cherchaient à découvrir le point de fuite des miasmes; ce fut Philox Lorris qui le trouva. Un tuyau que Sulfatin, dans sa préoccupation, avait un peu dérangé, laissait fuser un mince filet de vapeurs délétères. M. Philox Lorris et Sulfatin, la sueur au front, s'efforcèrent de réparer la légère et imperceptible avarie, ce n'était pas grand'chose et ce fut bientôt fait, mais il était temps; s'ils avaient tardé, d'épouvantables malheurs eussent été la conséquence de la fatale distraction de Sulfatin.

Mais l'air effaré de M. des Marettes, qui s'efforçait de percer la foule pour gagner un ascenseur, avait jeté l'émoi parmi les invités et interrompu un morceau en exécution. Quelques personnes se levèrent dans le clan des gens sérieux que la musique ne passionnait pas; à leur tête, accoururent la doctoresse Bardoz et la sénatrice Coupard, de la Sarthe.

«Qu'est-ce qu'il y a, cher maître? demanda la doctoresse; seriez-vous malade? Quelle odeur singulière!

—Tranquillisez-vous, il n'y a plus de danger, dit Philox Lorris, mais la tête me tourne. N'ébruitez pas l'accident... Vite, que tout le monde, le plus tôt possible, se mette au lit... C'est le plus sûr...

—N'alarmez personne, dit Sulfatin, il n'y aura rien de grave, la fuite est trouvée et bouchée... Ah! je ne me sens pas bien!