—Quel accident? quelle fuite? firent quelques voix effrayées.
—Le réservoir aux miasmes! gémit M. des Marettes, qui revenait s'écrouler sur un divan.
—Du calme! s'écria Philox Lorris en se serrant le front, ce ne sera rien, nous aurons une légère épidémie!... une toute petite épidémie! Aïe! la tête!
—Une épidémie!!!»
Déjà le désarroi avait gagné le grand hall, le concert était abandonné, on se pressait, on se bousculait pour savoir ce qui venait d'arriver. Sur ce mot épidémie! tout le monde pâlit et quelques personnes furent sur le point de s'évanouir.
Une toute petite épidémie! Je réponds de tout, la fuite était insignifiante...
—Je ne me sens pas bien non plus, dit Mlle la doctoresse Bardoz en se tâtant le pouls.
—Du calme! du calme!»
En moins de cinq minutes, le petit salon où s'était produit l'accident fut plein de gens qui accouraient, s'informaient, entouraient les malades et, peu après, tombaient eux-mêmes indisposés... Ce fut bientôt un concert de plaintes indignées contre M. Lorris. Des invités, pâles et affadis, gisaient sans force sur tous les meubles; d'autres, au contraire, agités et surexcités, semblaient en proie à de véritables attaques de nerfs. M. Philox Lorris, très atteint, n'avait pas la force de faire évacuer le petit salon, particulièrement dangereux, ni même de faire ouvrir les fenêtres pour laisser échapper les miasmes; ce fut M. La Héronnière qui, voyant les gens continuer à s'accumuler dans la pièce infectée, eut la pensée de les ouvrir toutes grandes.