«C'EST MOI QUI VOUS SOIGNE MAINTENANT!»
La Héronnière s'interrogeait inquiet et se tâtait le pouls; mais, seul de tous ceux qui se trouvaient là, il était indemne et ne ressentait pas le plus petit malaise. Cependant l'ex-malade, rassuré pour lui-même, prit peur tout de même en songeant que son médecin était atteint, et il s'en vint offrir son aide et ses soins à Sulfatin.
«Vous m'affirmiez que mon traitement n'était pas terminé, lui dit-il, n'allez pas me faire la mauvaise farce de me laisser en plan! C'est moi qui vous soigne, maintenant; je devrais vous réclamer des honoraires ou une déduction sur mon compte!... Comment se fait-il que je n'aie rien quand tous ceux qui sont là sont atteints?
—Vous pouvez braver les miasmes grâce aux inoculations que vous avez subies, répondit Sulfatin d'une voix entrecoupée... Faites évacuer l'hôtel, les personnes qui ne sont pas entrées dans cette pièce auront... une petite migraine tout au plus...»
Ainsi La Héronnière continuait à être une réclame vivante et venait ajouter le poids d'une nouvelle expérience à la belle théorie des inoculations obligatoires que Philox Lorris avait développée à M. des Marettes. Jusqu'à présent, on était sûr que le remède de Sulfatin guérissait; on pouvait être certain maintenant que son inoculation rendait réfractaire aux millions de microbes que l'accident survenu au laboratoire Philox Lorris allait répandre dans l'atmosphère.
L'ILLUSTRE PHILOX LORRIS.