Drinn! Drinn! M. Lacombe avait disparu.
Nous ne savons si l'incident amené par la tournade troubla le sommeil d'Estelle, mais sa mère fit, cette nuit-là, de beaux rêves où MM. Philox Lorris père et fils tenaient une place importante. Mme Lacombe était en train, aussitôt levée, de se faire encore une fois raconter par sa fille les détails de sa conversation de la veille avec le fils du grand Philox Lorris, lorsque l'aéro-galère du tube amenant des touristes d'Interlaken apporta un colis tubal adressé de Paris à Mlle Estelle Lacombe.
Il contenait une vingtaine de phonogrammes de conférences de Philox et de leçons d'un maître célèbre qui avait été le professeur de Georges Lorris. Le jeune homme avait tenu sa promesse.
«Je vais prendre le tube de midi pour faire une petite visite à Philox Lorris! s'écria Mme Lacombe joyeuse. C'est mon rêve qui se réalise, j'ai rêvé que j'allais voir le grand inventeur, qu'il me promenait dans son laboratoire en me donnant gracieusement toutes sortes d'explications, et qu'enfin il m'amenait devant sa dernière invention, une machine très compliquée... «Ça, madame, me disait-il, c'est un appareil à élever électriquement les appointements; permettez-moi de vous en faire hommage pour monsieur votre mari...»
—Toujours ton dada! fit M. Lacombe en riant.
—Crois-tu qu'il soit agréable de vivre de privations de chapeaux roses comme j'en ai vu un hier à Babel-Magasins?... Je vais l'acheter en passant pour aller chez Philox Lorris!
PETITES OPÉRATIONS DE BOURSE.
—Du tout, je m'y oppose formellement, dit M. Lacombe, pas au chapeau rose, tu le feras venir si tu veux, mais à la visite chez Philox Lorris... Attendons un peu; quand Estelle passera son examen, si, grâce aux leçons envoyées par M. Lorris, elle obtient son grade d'ingénieure, il sera temps de songer à une petite visite de remerciement... par Télé... pour ne pas importuner.
—Tiens, tu n'arriveras jamais à rien!» déclara Mme Lacombe.