LES SAISONS RÉGULARISÉES.—DISTRIBUTION DE LA PLUIE A LA DEMANDE

—Je ne ris pas, tâche un peu d'être sérieux, fit avec vivacité Philoxène Lorris en tirant avec énergie quelques bouffées de son cigare.

LA TOURNADE ÉTAIT DANS SON PLEIN.

—Ton cigare est éteint, dit le fils; je ne t'offre pas d'allumettes, tu es trop loin...

—Enfin, reprit le père, à ton âge, j'avais déjà lancé mes premières grandes affaires, j'étais déjà le fameux Philox Lorris, et toi, tu te contentes d'être un fils à papa, tu te laisses tranquillement couler au fil de la vie... Qu'es-tu par toi-même? Lauréat de rien du tout, sorti des grandes écoles dans les numéros modestes et, pour le quart d'heure, simple lieutenant dans l'artillerie chimique...

—Hélas! voilà tout, fit le jeune homme, pendant que son père, dans la plaque du téléphonoscope, tournait rageusement le dos et s'en allait au bout de sa chambre; mais est-ce ma faute si tu as tout découvert ou inventé, et tout arrangé?... je suis venu trop tard dans un monde trop bien outillé, trop bien machiné, tu ne nous as rien laissé à trouver, à nous autres!

—Allons donc! Nous n'en sommes qu'aux premiers balbutiements de la science, le siècle prochain se moquera de nous... Mais ne nous égarons pas... Georges, mon garçon, j'en suis désolé, mais, tel que te voilà, tu ne me parais guère préparé à reprendre, maintenant que tes années de service obligatoire sont faites, la suite de mes travaux, c'est-à-dire à diriger mon grand laboratoire, le laboratoire Philox Lorris, à la réputation universelle, et les deux cents usines ou entreprises qui exploitent mes découvertes.