—Veux-tu donc te retirer des affaires?

—Jamais! s'écria le père avec énergie, mais j'entendais t'associer sérieusement à mes travaux, marcher avec toi à la découverte, chercher avec toi, creuser, trouver... Qu'est-ce que j'ai fait auprès de ce que je voudrais faire si j'avais deux moi pour penser et agir... Mais, mon bon ami, tu ne peux pas être ce second moi... C'est déplorable!... Hélas! je ne me suis pas préoccupé jadis des influences ataviques, je ne me suis pas suffisamment renseigné jadis!... O jeunesse! Moi, no 1 d'International scientific industrie Institut, j'ai été léger! Car, mon pauvre garçon, je suis obligé d'avouer que ce n'est pas tout à fait ta faute si tu n'as point la cervelle suffisamment scientifique; c'est parbleu bien la faute de ta mère... ou plutôt d'un ancêtre de ta mère... J'ai fait mon enquête un peu tard, j'en conviens, et c'est là que je suis coupable. J'ai fait mon enquête et j'ai découvert dans la famille de ta mère...

—Quoi donc? dit Georges Lorris intrigué.

—A trois générations seulement en arrière... une mauvaise note, un vice, une tare...

—Une tare?

—Oui, son arrière-grand-père, c'est-à-dire ton trisaïeul à toi, fut, il y a 115 ans, vers 1840, un...

—Un quoi? Que vas-tu m'apprendre? Tu me fais peur!

—Un artiste!» fit piteusement Philox Lorris en tombant dans un fauteuil.

Georges Lorris ne put s'empêcher de rire avec irrévérence, et, devant ce rire, son père bondit furieusement dans le téléphonoscope.