Cortège funèbre.


Évasion par la cave.

XI

UN TRIO DE MALANDRINS

Rongemaille épouvanté n'avait pas perdu de temps; aussitôt sa porte fermée, il s'était jeté dans sa cave, avait gagné un caveau qui n'était séparé d'une cave voisine que par une barrière de planches. Avec une agilité qu'il ne se soupçonnait pas, il escalada la barrière, remonta chez le voisin sans mauvaise rencontre et se trouva de l'autre côté des maisons du parvis, sur le Marché aux Herbes. Toute la population courait du côté où passaient Jehanne et La Hire. Personne en vue. Rongemaille se glissa dans un quartier de ruelles sombres et désertes, à peine larges de quelques pieds, circulant derrière des hôtelleries et des maisons du marché. Il respira un instant. Mais où aller? A qui demander refuge? Comme il débouchait sous l'Hôtel-Dieu, il fit un brusque saut en arrière. Un cortège s'avançait, une civière suivie de deux femmes en larmes. C'était le corps de Bonvarlet que l'on portait chez lui; Rongemaille se rejeta dans les ruelles, tourna sur lui-même et quelques minutes après se trouva devant la porte du pont. Comme il passait sous une fenêtre ouverte, une main s'allongea et le saisit par l'épaule. Il eut un haut-le-corps de terreur et tenta de reculer, une seconde main lui tomba sur l'autre épaule. Rongemaille allait se débattre avec rage, mais, se retournant vers ces deux poignes, il poussa un soupir de soulagement. Il avait affaire à des amis.

—Vous! Gauthier Longbec. Vous, Canteleu! C'est vrai, je vous oubliais depuis hier... Vous êtes de garde au pont... Vous m'avez fait une belle peur! fit-il à voix basse. Mais vite, cachez-moi!

—Qu'y a-t-il?