Mais la foule les y pourchassa et enfonça toutes les portes, les nobles furent impitoyablement massacrés et jetés par les fenêtres sur les piques du populaire entassé sur la place.
Les massacres suscitèrent d'autres massacres en représailles, il en résulta une longue guerre qui se termina mal pour Louvain. Le duc de Luxembourg, Wenceslas, futur empereur d'Allemagne, petit-fils de Jean de Luxembourg, le roi de Bohême aveugle qui mourut à Crécy, amena une armée pour châtier la ville où il entra par la brèche en janvier 1382. C'est alors que la fabrication des draps commença à décliner et que beaucoup d'artisans portèrent leurs Métiers en Angleterre.
LOUVAIN. CHAIRE DE L'ÉGLISE SAINT-PIERRE.
Cette décadence n'empêcha pourtant pas Louvain de construire l'admirable Hôtel de ville actuel, pour remplacer celui qui avait été le théâtre de cette défenestration, et que sans doute la guerre avait ruiné comme une énorme quantité de maisons en ville.
Presque en face de l'Hôtel de ville s'ouvre le porche latéral de l'église Saint-Pierre. Ce côté de la place est tout à fait pittoresque, il y a encore de vieilles petites maisons rouges, à lucarnes flamandes pourvues de frontons à volutes, sous les chapelles de l'église. Pourvu qu'on ne les démolisse pas! l'abside est déjà complètement dégagée et il y a bien des démolitions en train autour de Saint-Pierre. Cela fait si bien partout, ces églises surgissant au-dessus des maisons basses serrées, nichées, pour ainsi dire, dans le giron du grand monument. Ici comme ailleurs, l'église y prend une majesté et une grandeur remarquables, cet entourage cadre très bien avec l'architecture rude du porche devant lequel s'avancent les bases d'un portail commencé, et les deux étages de fenêtres, d'un joli dessin, les pignons des chapelles et tous les arcs-boutants ajoutent encore du mouvementé.