Le Beffroi.—La famille Gayant.—L'Hôtel de Ribour.—La Colonne du Siège et les Sièges.—Commines et son Beffroi.—Troisième Chroniqueur.—Bergues. Autre Beffroi.—Gravelines.—Dunkerque.

Douai, ancienne ville de commerce au Moyen-Age, ville d'Université depuis le seizième siècle, université fondée par Philippe II d'Espagne, ancienne ville forte aux défenses considérablement augmentées par Vauban, siège du Parlement de Flandre au dix-huitième siècle, est restée cité universitaire et centre industriel.

L'aspect de la ville est gai et avenant; certes ses rues sont bien modernisées, ce qui veut trop souvent dire banalisées, mais enfin, de loin en loin, au milieu des maisons quelconques, bourgeoisement banales ou de petit aspect boutiquier, on aperçoit encore bien des façades à la mode du dix-huitième siècle, de jolis détails de style rococo, tout à l'honneur du goût de la bourgeoisie ou de la magistrature d'alors. Et puis il y a l'Hôtel de ville, le superbe Hôtel de ville gothique qui peut aller de pair avec les plus célèbres édifices communaux de Belgique. Cet Hôtel de ville est admirable, on est bien forcé, par l'étroitesse de la rue qui passe devant la façade principale de lever très fort la tête pour détailler les beautés de cette façade, mais enfin on y parvient et l'on ne perd rien des belles fenêtres, des deux entrées à triple porte, des pinacles et des ogives dont les crochets et les fleurons s'épanouissent largement.

DOUAI.—ÉGLISE NOTRE-DAME.

Le beffroi est superbe. C'est une grosse tour du quatorzième siècle, à hautes et larges fenêtres, flanquée de quatre tourelles coiffées de clochetons qui se hérissent de petites lucarnes. Au-dessus des créneaux se dresse un campanile de bois octogonal à quatre ou cinq étages de lucarnes sur lucarnes, se chevauchant l'une l'autre, laissant voir cloches et clochettes et non moins hérissés de pointes et de crochets, d'épis, de girouettes, d'aiguilles et de hallebardes, avec le lion de Flandre brandissant la dernière girouette au sommet. Une partie de la façade est moderne et par derrière une autre façade et des ailes en retour ont été construites dans le style du monument primitif sur une large cour.

Sur la place d'armes, tout près de l'Hôtel de ville, se trouve la maison dite du Dauphin, la plus jolie façade dix-huitième siècle de la ville; devant son toit, un fronton contourne ses lignes, ses coquilles et ses rocailles, avec de jolies sculptures aux deux étages de fenêtres encadrées de pilastres et de trophées au-dessus d'un riche balcon de fer forgé.

La Renaissance est représentée à Douai par la belle maison des Rémy, un haut pignon entre deux ailes, pignon tout en fenêtres, trois étages de légères colonnades, encorbellées au premier étage sur des têtes de lions et des masques, encadrant des frises et de jolis cartouches.