De l'autre côté du Palais, rue Hors-Château, d'autres escaliers se voient encore, montant à la citadelle à la Vauban qui remplace les forts successivement établis sur ces hauteurs depuis le treizième siècle, pris, repris, démantelés, rebâtis, après avoir eu à combattre les archers flamands, les hommes d'armes de Bourgogne, les routiers du Sanglier des Ardennes, les arquebusiers espagnols, les canonniers de Louis XIV ou de Marlborough...
LIÉGE.—LE MONT-DE-PIÉTÉ.
Magnifique vue de là-haut sur le cours de la Meuse qu'assombrissent des tourbillons de fumée, non plus celles des batailles ou du sac de Charles le Téméraire, mais la respiration des grandes usines et des établissements métallurgiques d'une banlieue industrielle.
Des ponts nombreux réunissent les deux parties de la ville; le vieux pont de jadis, le pont des Arches a été reconstruit en 1860 et n'a pas plus de caractère que les autres. Sur le quai de Maestricht, une haute construction domine tout le quartier par sa taille et sa beauté sévère, énorme carré de briques et de pierres à toit immense, jusqu'au sommet duquel monte une tour carrée terminée en terrasse. La porte ouvrant dans un petit pavillon, sous une sorte d'échauguette, a du caractère, ainsi d'ailleurs que certaines grandes fenêtres à solides grillages. C'est aujourd'hui le Mont-de-Piété qui s'abrite derrière ces grillages.
Pour cathédrale, Liége est obligée de se contenter de son église Saint-Paul, la Révolution ayant détruit l'ancien et superbe édifice qui regardait jadis le Palais de ses Princes-Evêques. Tour carrée, sans grand intérêt. Saint-Jacques, beaucoup plus intéressant, montre un peu de tous les styles, une rugueuse tour romane au portail, une longue nef gothique tout le long de laquelle, à la base des combles, se prolonge une galerie d'arcatures ouvertes, comme en haut des façades du Palais épiscopal, et un petit porche classique de la Renaissance, en hors-d'œuvre, ouvrant dans le bas côté gauche, à côté de la tour romane.
A Saint-Jean, de la vieille église romane de forme ronde, remplacée par un édifice dix-huitième siècle, il reste une vieille et belle tour carrée accostée d'une tourelle ronde. Saint-Barthélemy est également roman avec des tours à quatre pignons qui rappellent les clochers rhénans.