LIÉGE.—ÉGLISE SAINTE-CROIX.

Malgré les troubles, pendant le seizième siècle, Liége s'efforce cependant de se tenir à l'écart des grandes guerres contre l'Espagne. Au dix-septième siècle, les divisions prennent un caractère aigu, la ville se partage entre deux partis: Grignoux—Grognards—parti populaire, et Chiroux,—Hirondelles—parti de l'aristocratie. Les émeutes et les bagarres se succèdent, le bourgmestre Laruelle est massacré, avec l'aide des Espagnols, mais les Grignoux, furieux, font à leur tour une boucherie de tout ce qui peut tenir au parti opposé.

Luttes contre les Princes-Evêques ou difficultés pour maintenir la neutralité de la principauté pendant les grandes guerres, soulèvements et réactions, cela recommence toujours jusqu'à la Révolution française, quand le dernier des quatre-vingt-dix-huit Princes-Evêques de Liége est obligé de quitter sa ville, devant les troupes de Dumouriez.

Le Palais des Princes-Evêques n'est pas tout à fait tel qu'il était du temps où ces Prélats le remplissaient d'une cour de gens d'Eglise, et d'hommes d'armes. Il est aujourd'hui converti en Palais de Justice. Quelques robes de juges et d'avocats, quelques plaideurs, c'est tout ce qu'on y peut rencontrer. Un incendie l'a ravagé en 1734, détruisant une partie des bâtiments. La façade reconstruite est du dix-huitième siècle, sans beauté. Derrière cette façade, se trouvent deux cours rectangulaires; la plus grande est vraiment belle avec ses quatre galeries d'arcades soutenues par d'étranges colonnes à fûts renflés, différents de chaque côté, semblables à d'énormes chandeliers d'église couverts de grandes arabesques sculptées, aux chapiteaux desquels grimacent des figures grotesques. Dans la restauration entreprise de nos jours, on a ajouté une façade latérale en style du quinzième siècle, rappelant les bâtiments de la grande cour.

Le Palais des Princes-Evêques c'est le cœur du vieux Liége, mais, en dehors des églises, on y rencontre bien peu d'édifices anciens ou de maisons curieuses, ce ne sont dans ces vieux quartiers que rues commerçantes alignant des files de façades modernes, des places très mouvementées, gentilles certainement, mais sans originalité comme la Place Saint-Lambert, où se trouve le Palais de Justice, la Place Verte, la Place du Théâtre où s'élève la statue de Grétry.

On trouve pourtant quelques fragments anciens, quelques vieux murs dans les quartiers hauts, vers Sainte-Croix et Saint-Martin, en montant par les Degrés des Bégards, raide escalier grimpant sous de vieilles pierres moussues, sous des terrasses enlierrées et fleuries, jusqu'à l'église Saint-Martin, du côté où se trouvait jadis la porte Saint-Séverin.

HUY.—ÉGLISE NOTRE-DAME ET CITADELLE.