Cette Roche à Bayard—le Chevalier sans peur et sans reproche n'est pour rien dans cette appellation, ce Bayard serait plutôt le fameux cheval des Quatre Fils Aymon—est une aiguille complètement séparée de la falaise de rochers par une fente, un simple couloir pratiqué à la mine pour laisser passer la route.
Bouvignes, en aval de Dinant, est une vieille petite ville redevenue village: elle a encore les ruines d'une porte et des restes de remparts, sur lesquels vient se poser l'abside de son église du treizième siècle.
Sur la Grand Place s'élève une sorte de vieux manoir, la très curieuse maison dite des Allemands, qui se compose de plusieurs corps de logis, de pignons de pierres et briques groupés sous une tour élevant au-dessus des toits et des cheminées une flèche ardoisée,—en pointe, celle-ci, sans doute pour protester contre les flèches bulbeuses et dodues de Dinant.
Bouvignes est dominé par les ruines du château de Crèvecœur, des pans de murs éventrés et des tours à demi écroulées. C'est l'ouvrage de la guerre de 1544. Bouvignes était alors du même parti que Dinant; le château de Crèvecœur, assiégé par les Français, se défendit jusqu'à la dernière extrémité, et au moment de la prise d'assaut, comme la soldatesque lancée au sac et au pillage se répandait dans le château, les dames de Bouvignes voyant leurs maris morts sur les pierres de la brèche, se précipitèrent du haut de la tour pour ne pas leur survivre.
CLOCHER ENSABLÉ DE ZUITCOTE.