Les flammes éteintes, Charles ne s'éloigna qu'après avoir rassemblé les populations voisines pour leur faire abattre et raser ce que l'incendie avait laissé debout.
La ruine était si complète que l'acte autorisant plus tard la reconstruction d'une église, disait: «Au lieu jadis appelé Dinant.»
Et cependant, après quelques années, les Dinantais revinrent peu à peu et leur industrie se rétablit. Ce n'était pas le dernier siège que la ville devait subir. Moins de cent ans après, en 1554, pendant la guerre des trois évêchés, une armée française arriva sous les murs de Dinant. Les Dinantais dans un nouvel accès de fureur, se livrèrent encore aux mêmes insultes imprudentes, bien que le roi de France leur eût fait offrir de rester neutres, ils n'y gagnèrent qu'un siège et une mise au pillage.
Sous le rocher qui porte la citadelle il n'y a guère qu'une longue rue: l'église vue de côté se dessine de façon tout aussi pittoresque avec son transept et son petit porche latéral.
Il n'y a pas d'autres monuments ensuite que l'Hôtel de ville, ancien palais des Princes-Evêques, où l'on voit encore, flanquant une vieille porte datée de 1637, une grosse tour coiffée du même dôme en coloquinte que l'église, une sorte de tourelle en encorbellement, bref un ensemble de bâtiments s'arrangeant agréablement dans un peu de verdure, sur la berge de la Meuse.
Et cette berge conduit un peu plus loin à une autre curiosité, naturelle celle-ci, très monumentale après tout, la célèbre Roche à Bayard, qui se dresse à pic dans les eaux de la Meuse, droite comme une tour, aiguë comme une flèche de cathédrale, au point le plus magnifique du paysage dinantais.
LA MAISON DES ALLEMANDS A BOUVIGNES.