TOURNAI.—PETIT PORCHE LATÉRAL A LA CATHÉDRALE.

Toute cette partie de l'église date des onzième et douzième siècles, quand on reconstruisit la cathédrale mérovingienne. Sur chaque flanc, s'ouvrent de petits porches romans d'un beau dessin tous deux, curieux par leurs colonnes à torsades, leur décoration rongée par le temps, où se distinguent des bestiaires, des zodiaques écorchés, mutilés, à demi effacés.

Aux parties romanes vient s'adjoindre un magnifique et très vaste chœur, dans le grand style ogival du treizième siècle, qui remplace le chœur roman incendié en 1213. Intérieurement, la cathédrale est superbe de grandeur religieuse, de majesté impressionnante, tout particulièrement dans les transepts terminés en absides rondes, avec de hautes arcatures, des galeries supérieures très claires, de hautes voûtes au centre sous la grosse tour. Un jubé de marbre de la Renaissance ferme le chœur, mais les monuments, tombeaux d'évêques, statues, etc., qui remplissaient l'église autrefois, sont peu nombreux, en raison des dévastations de la Révolution.

Ville religieuse où la cathédrale est le centre principal, Tournai n'a pas une Grand'Place bien importante comme dimensions. C'est une place triangulaire derrière l'évêché et la cathédrale, se prolongeant au fond vers un carrefour étroit sur lequel se dresse le beffroi municipal.

Celui-ci serait, dit-on, le plus ancien de Belgique; il est, à la base, contemporain de sa voisine, c'est-à-dire roman du douzième siècle, repris au treizième siècle.

Grosse tour isolée cantonnée jusqu'à mi-hauteur de tourelles dont les pinacles portent des statues, étages en retrait et campanile. Son second étage aurait remplacé au quatorzième siècle, le haut de la tour détruit par un incendie. On y plaça alors trois grosses cloches appelées: le Vigneron, cloche des réjouissances, le Timbre, cloche d'alarme, et la Bancloke, cloche d'appel suprême pour la défense de la cité:

«Bancloke suis, de commune nommée,
«Car pour effroy de guerre suis sonnée».