Il y a les célèbres Rubens: la Mise en Croix, la Descente de Croix et l'Assomption.
La maison des parents de Rubens est tout près d'ici sur la longue place de Meir. Le grand peintre a fait construire en 1610, à côté, sur la petite rue, une belle maison du style pompeux qu'il affectionnait, maison transformée, malheureusement, et dont il ne reste que des fragments.
Devant Pierre-Paul Rubens, cavalier de noble tournure, ambassadeur, homme politique, admirable peintre, le Rubens des chairs roses et dodues, des grasses Flamandes à fraises, des gentilshommes de belle prestance, évidemment on ne se sent pas ému comme devant le mystérieux et profond Rembrandt, mais on est séduit par cette belle Flandre épanouie, pleine de santé, et bien reposée des terribles émotions du seizième siècle.
ANVERS.—COUR DE L'ANCIEN HOSPICE DES MERCIERS.
Il y a des Rubens partout à Anvers. L'église Saint-Jacques en possède aussi de célèbres; c'était la paroisse du grand peintre, inhumé dans la chapelle de la famille. Musée encore, cette superbe église, commencée vers la fin du quinzième siècle, dont la haute tour se dresse inachevée, au milieu d'énormes échafaudages.
Dès le quinzième siècle, Anvers possédait une Bourse, bientôt devenue trop étroite; la ville en construisit une autre en 1532. Les négociants se réunissaient alors en de vastes locaux entourant un préau à arcades d'un gothique capricieux. Anvers était une place de riches banquiers; dès le seizième siècle, il s'y traitait même des emprunts de princes, tout comme aujourd'hui. Brûlée plusieurs fois, cette Bourse fut définitivement ruinée par un dernier incendie en 1858. On la reconstruisit plus grande, sur le même emplacement, dans le même style ogival extrêmement fleuri.
L'ancien préau, doublé d'un étage de galeries et couvert d'un plafond supporté par de belles ferronneries, forme une très curieuse salle, avec de beaux portiques d'entrée, sur la rue de la Bourse ou sur la rue des Douze-Mois.