ANVERS.—PASSAGE SOUS LA VIEILLE BOUCHERIE.

Elle élève sa masse puissante, la longue nef avec la coupole en oignon du petit clocheton central, et, par-dessus tout cela, le jaillissement de la grande tour, filant ogive sur ogive, toujours plus haut, jusqu'aux étages de la flèche. Mais c'est par-dessus les pignons en escalier du vieux Marché au blé que paraît plus audacieuse, plus fantastiquement aérienne, cette flèche qui s'élance, échelons par échelons, avec des tourelles posées sur des tourelles, des pinacles hissés sur des pinacles, et reliés par des arceaux pour l'arc-bouter, la soutenir jusqu'à la dernière pointe, à 123 mètres du sol.

Ramenons nos yeux à terre. Au pied de la Tour, sur le Marché aux grains, le Puits de Quentin Metzys pose ses fioritures en ferronnerie sur une margelle toute neuve. C'est le chef-d'œuvre du vieux forgeron peintre Anversois qui, sur la pointe d'un berceau de vignes, feuillages et lis enroulés et entremêlés, en fer miraculeusement forgé, plaça la statuette de Sylvius Brabo en chevalier du quinzième siècle brandissant les mains du géant.

Ce puits, jadis, était devant l'ancien Hôtel de ville, il fut transféré ici quand on construisit le grand édifice au temps de la Renaissance.

ANVERS.—ÉGLISE SAINT-JACQUES.

L'intérieur de la cathédrale immense, aux nefs d'une surprenante majesté, est un musée d'œuvres d'art parmi lesquelles beaucoup de modernes, car l'église, outre les dévastations des iconoclastes vers 1566, a souffert terriblement à la Révolution. La chaire, du dix-septième siècle, énorme, est un morceau curieux, avec ses statues, sa tente supportée par des arbres, tous ses chérubins soulevant les draperies, le grand ange tombant du ciel en sonnant de la trompette et de grands oiseaux, toute une basse-cour.